Une paix durable semble perdurer dans l'univers.
La grande République continue de dispenser loi et justice au monde lui étant affilié
et cherche à accroître son domaine tandis que la corruption continue
de s'étendre au sein du sénat.
Ksa'Ann, terre d'accueil des Wallelinns, des Ethosiens et des Norvals.
Monde perdu au-delà de la bordure extérieure.
Planète contrariée entre la chaleur et l'humidité.
Entre ses déserts arides et sa végétation luxuriante
Berceau d'une puissance inextinguible
Monde calme et paisible
où vit l'harmonie qui ne voit pas la menace gronder à l'horizon
- 54 B.Y. (bataille de Yavin)
Il est peu de jours de pluie que Ksa'Ann endurait dans un cycle. Mais à chaque fois, les ondées salvatrices, en période de mousson, étaient des plus torrentielles et noyaient le paysage.
Presque recroquevillées, deux ombres progressaient lentement sous la pluie, montant un noufle. L'animal, trois fois plus grand qu'un lézard des sables à six pattes, se déhanchait pour avancer, ne paraissant pas décidé à accélérer le pas malgré les protestations de son maître.
SAlidor s'en voulait de ne pas avoir écouté sa compagne, SAlisaba, au départ de Généba. La délivrance de la femme qu'elle était venue accoucher avait été longue et difficile. Mettre deux enfants au monde n'était pas chose aisée. Mais sa compagne avait su aider au mieux la mère et les bébés. Et il lui avait tenu à coeur ensuite de se hâter de rentrer retrouver leur propre enfants. Pas qu'il redoutât quoi que ce soit pour eux. Le clan des SA veillait sur les siens. Mais SAlidor s'inquiétait de SArdewill, l'aînée de ses enfants, qui aimait exercer sur la fratrie ses penchants tyranniques. Et voilà que la tempête les avait surpris à mi-chemin au loin de la frontière entre Ethos et Wallellinn.
SAlisaba se rapprocha de son compagnon, pour mieux se faire entendre de la pluie :
- Il nous faut trouver un abri. La pluie va durer des heures. On ne peut pas continuer ainsi.
- Mais où aller ? se renfrogna SAlidor qui regrettait son entêtement à vouloir rentrer de suite.
SAlisaba regarda tout autour d'elle. Le pays d'Ethos n'avait pas de secrets pour elle. C'est la terre qui l'avait vu naître et jouir de sa jeunesse. Ses souvenirs la ramenèrent quarante-sept ans en arrière prêts de vieilles ruines où ses s½urs et elles aimaient jouer.
- Prend sur ta gauche.
SAlidor, d'un geste ramena ses cheveux noirs et mi-longs en arrière, passant au passage une main sur son visage ruisselant de pluie. Il regarda dans la direction proposée et ne vit qu'une pente dangereuse et de la végétation en contrebas.
- Il n'y a rien là-dessous et un orage approche. Se retrouver sous les arbres est bien trop dangereux.
- Fais-moi confiance.
SAlidor s'apprétait à objecter mais s'il est bien une chose qu'il devait concéder à sa compagne, c'est qu'elle ne se trompait jamais. Tirant sur les rênes, le Ksa'Annien bifurqua sur le côté et le noufle descendit la pente sans difficulté. Il ne leur fallut pas plus de dix minutes alors pour se retrouver dans une minuscule clairière ombragée. Au loin le tonnerre supplanta le son discordant de la pluie, menaçant de son approche. SAlidor regarda tout autour de lui et ne trouva aucune ruine.
- Il n'y a rien.
- Si, regarde, fit sa femme en pointant du doigt un point invisible.
SAlidor entraperçu entre des lianes fleuries une masse noire. Descendant de l'animal, il s'approcha, précédait de sa femme qui marchait précipitamment pour se mettre à l'abri. Tenant toujours les rênes du noufle, SAlidor pénétra dans un long couloir et la pluie ne fut plus qu'un lointain souvenir. Une étrange chaleur régnait dans ce lieu et une odeur de terre sèche faisait frémir ses narines qui refluaient les particules de poussière. Prenant dans la sacoche que portait l'animal une torche, il l'alluma et le couloir fut inondé de lumière. Un simple corridor vaste, sans aucune décoration sur la surface si ce n'était une frise aux formes géométriques.
- Tu venais jouer ici ? demanda SAlidor en se débarrassant de son long manteau trempé jusqu'à la trame.
- Oui. fit-elle en souriant, dévoilant son visage marqué d'aucune trace de vieillesse - Il y a un escalier là-bas qui mène dans une grande salle pleine de bas-reliefs. Et il y a aussi une grande porte de métal noir.
- Et qu'y a-t'il derrière cette porte ? demanda-t-il en se rapprochant de sa compagne.
- Je l'ignore. Elle est trop lourde. Nous ne sommes jamais arrivés à l'ouvrir mes soeurs et moi.
SAlisaba et SAlidor laissèrent le noufle dans le couloir et s'enfoncèrent dans le long tunnel. Comme à chaque fois qu'elle avait pénétré ce lieu son corps fut pris de frissons incontrôlés qui lui chatouillaient jusqu'à l'échine. Pour elle cela signifiait toujours les ennuis et pourtant il ne s'était jamais rien passé dans ce lieu..
Évoluant dans un dédale de couloir, ils parvinrent au pied d'un large escalier sculpté dans la masse rocheuse laissant place à une pièce circulaire immense. Quatre grandes colonnes, au fût simple, soutenaient un dôme qui se perdait dans le noir. Sur le sol, de grandes dalles de pierre encerclaient une surface noire et polie faisant dans les quinze mètre de diamètre. SAlidor descendant les escaliers vit alors la fameuse porte. Ses proportions était impressionnante et il comprenait que des enfants ne parvienne pas a l'ouvrir. Continuant sa descente il remarqua alors les murs recouverts de bas-reliefs. Des scènes vivantes montrant des êtres prenant des positions de méditation, de réflexion ou s'apprétant à la bataille. Jamais SAlidor, pourtant fin amateur d'art n'avait contemplé de telles ½uvres et il était convaincu au plus profond de lui qu'elles n'étaient pas le fruit d'un natif de Ksa'Ann. C'était tout autre chose. Certain de ces êtres n'avaient même rien d'humain. Des figures d'habitant d'autre planète ; d'autre origine. Ksa'Ann ne s'ouvrait au autre mondes que depuis peu, pour SAlidor donc, la surprise était plus grande encore.
- Impressionnant, non ?
- Oui, répondit rêveusement SAlidor qui contemplait une femme, du moins lui semblait-il, drapée d'un long manteau et tenant entre ses mains une boule. Au-dessus d'elle, un rayon partait en tous sens et frappé un objet volant.
- Qu'est-ce que c'est ? demanda SAlidor avec l'espoir que sa compagne en connaisse la réponse.
- Je ne sais pas. Mais regarde celui-là. Au pied de l'escalier SAlidor rejoignit sa compagne venue se ficher devant un pan de mur. Visiblement la représentation d'un champ de bataille, plusieurs personnages, humain ou non, tenaient entre leurs mains de grands bâtons.L'étrange halo qui entourait ces armes suggérait qu'ils étaient en feu ou luminescents.
- Cela me fait penser au nenta, fit SAlisaba
SAlidor, grand érudit traduisit dans son esprit les origines même du mot nenta, la subtile contraction en ancien Wallelinn de deux mots qui ne convenait guère à cette arme. Les nentas étaient de longues épées de plus d'un mètre trente. Composé d'une lame souple, et aiguisé, le maniement en était difficile et nécessitait, au combat, de rester en perpétuel mouvement afin de ne pas perdre l'équilibre. C'était une arme redoutable dont les origines se perdaient dans l'histoire et dont le nom : nenta ; "Lame de feu" paraissait plus approprié a ce que ces êtres tenaient dans leur mains, dispensant puissance par leur simple vue.
- Qu'en penses-tu ? demanda SAlisaba, sortant SAlidor de ses pensées.
- Peut-être... SAlidor reporta son attention sur sa femme. Sa robe rose cendre, trempée, restait plaquée sur son corps frissonnant. Lui-même, n'aimait guère le contact de sa tunique noire, dégoulinant de pluie sur sa peau - Faisons un feu.
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Au-dehors la tempête faisait désormais rage et les roulements du tonnerre trouvèrent dans les couloirs de ces ruines, refuges pour une nuit.
SAlisaba, ouvrit lentement les yeux. Un bruit avait rompu son sommeil. Rien à voir avec l'orage. C'était un son plus furtif, presque un murmure. Un chuchotement à son oreille qui lui avait ordonné de se réveiller. Intriguée, la jeune femme se redressa et examina la pièce vide. Puis, son regard se posa sur la grande porte métallique devenue menaçante à la lueur des braises encore rougeoyantes. Le large portail se mit alors à vibrer et les ondulations s'élargirent de plus en plus, se frayant un chemin jusqu'à eux.
Apeurée, SAlisaba se retourna pour réveiller SAlidor. C'est alors, qu'avec effroi elle vit émerger de la dalle ou elle reposait, des doigts, des mains, des bras noirs. Ces membres, sorties des ténèbres, agrippèrent son compagnon qui demeurait endormi, emportant avec eux son corps, qui s'enfonçait, inexorablement dans la dalle noire devenues une boue visqueuse.
- SAlidor ! cria SAlisaba pour le réveiller. Mais rien n'y fit. Elle tendit sa main pour rattraper son compagnon dont seul la tête restait encore à la surface.
Soudain, SAlisaba sentit les bras ceindre différentes parties de son corps et l'emmener à son tour. La jeune femme se débattit, cherchant vainement à se défaire de ses doigts qui pénétraient sa chair. Lentement elle s'enfonça dans le liquide qui avait maintenant une odeur nauséabonde. SAlisaba hurla de terreur voyant ses derniers instant venir tandis que la boue pénétrait ses narines et étouffait se dernier sursaut de lutte. C'est alors qu'une voix claire raisonna dans la grande salle :
- Lâche-la !
SAlisaba poussa un dernier cri quant elle ouvrit les yeux. Elle expira bruyamment contre la poitrine de son compagnon qui la serrait fort contre lui. Réalisant qu'elle venait de rêver, SAlisaba plaqua ses mains sur le torse de son compagnon, savourant la réalité : ils étaient en vie.
- Calme-toi. - Lentement SAlidor caressa les cheveux blonds de SAlisaba, lui apportant un peu de réconfort - Tu as fait un rêve
- C'était un cauchemar.
SAlidor n'osait demander s'il s'agissait d'un rêve de lumière. Un songe dicté par les anciens et que seule la conscience de sa compagne percevait car douée de prescience.
- Tu ne me le demandes pas ? murmura SAlisaba.
SAlidor ne fut même pas surpris qu'elle ait su qu'il se soit posé la question
- Non.
SAlisaba se pressa un peu plus contre lui, retrouvant la chaleur de sa poitrine nue. Si longtemps qu'ils n'avaient pas profité d'un moment à deux. Leurs cinq enfants leur prenant tout leur temps et leur espace. Se blottissant, elle fut envahie d'une chaleur qui empourpra ses joues, traversa son corps tout entier. Et un instant elle ne fut plus elle-même. SAlisaba libéra ses épaules de la couverture qui la recouvrait, mettant a nu sa poitrine.
- Fais-moi l'amour, lui demanda-t-elle dans un souffle de plaisir.
SAlidor, étonné, considéra sa compagne. Mais comment résister à ses lèvres charnues, aux tréfonds de ses yeux bleus et clairs, à la douceur de sa peau et à ce corps qui n'avait presque rien perdu malgré toutes ces grossesses. SAlidor exauça le désir de SAlisaba et prit entre les siennes les lèvres gorgées d'amour. Il aimait si fort SAlisaba et plus encore quand il la possédait.